Publié par David le 30 oct 2009 dans
Vancouver
Mercredi 28 octobre. Trois jours après la retransmission en direct sur Youtube de leur concert du Rose Bowl de Pasadena à Los Angeles, les irlandais de U2 débarquent à Vancouver pour ce qui sera leur dernier concert 2009 sur le sol américain. Cela se passe au GM Place, le grand stade couvert de Vancouver, qui accueillera les cérémonies d’ouverture et de clôture des JO d’hiver, ainsi que la toute nouvelle franchise MLS (Major League Soccer), les White Caps, en 2010.
Je ne les avais vu auparavant qu’une seule fois en concert, c’était en 1997 au Parc des Princes dans le cadre de leur tournée « PopMart ». Ils avaient déjà à l’époque marqué leurs shows du sceau de la démesure, avec une scène en forme d’arche haute de 40 mètres et un déploiement technique hors normes pour l’époque.

Les 70.000 places pour le concert de Vancouver sont parties en une matinée lors de leur mise en vente en avril dernier, mais grâce à la magie de Craiglist j’ai pu en dénicher deux en août dernier, pour leur valeur faciale soit 70$. Ayant réussi à le cacher à Katy et à tenir ma langue durant trois mois, ce fut une surprise réussie lorsque je suis passée la chercher à la sortie du travail pour l’emmener directement au stade.
Après une petite vingtaine de minutes de marche, Il est 17h00 lorsque nous arrivons sur place. Et là on croit rêver en prenant notre place dans la file d’attente : les canadiens sont décidément très civilisés lorsqu’il s’agit de faire la queue. Pas besoin d’agents de sécurité, ni de barrières. Non. Juste une longue file d’un mètre cinquante de large, et aucun signe d’impatience ou d’énervement, malgré la pluie et la demi-heure de retard pour l’ouverture des portes. Je n’ose même pas imaginer si une telle organisation était mise en place à Paris…

18h00, nous sommes dans la place. Etrange stade, qui lorsque l’on se trouve au milieu de la « pelouse » semble bien loin de faire ses 60.000 places. Nous nous installons face à la scène, légèrement sur la droite. Enfin lorsque je dis « face » il faut que j’apporte quelques précisions. En effet le concept de cette tournée, le « 360 Tour », tient en une gigantesque scène circulaire permettant au public de se trouver littéralement tout autour. Un concept intéressant, mais qui reste tout de même un concept puisque 90% du temps les spectateurs se trouvant « derrière » (comprendre l’espace en temps normal fermé au public) verront le groupe de dos.
Surmontant cette scène, une immense structure en forme de vaisseau spatial, sorte d’araignée géante à 4 pattes renfermant un écran géant « mipix » circulaire et une sorte de fusée s’étirant jusqu’à presque toucher le toit du stade. Une vision irréelle et stupéfiante, qui laisse véritablement cloué sur place lorsqu’on la découvre. Et encore, nous sommes à 3h du show et ce n’est pour l’instant qu’un amas de tubes de métal, gris et ternes. Cela promet lorsque les lumières seront de la partie !

19h15, le stade est rempli aux deux tiers lorsque les Black Eyed Peas font leur entrée. Et oui, c’est ça aussi un concert de U2, avoir le droit en première partie à un groupe qui pourrait tenir l’affiche à lui seul. Bon, là je dois cependant avouer que je m’abstiendrai du moindre commentaire, n’étant absolument pas fan du genre. Ils assureront tout de même pendant 45 minutes une prestation pleine d’énergie, mettant une bonne partie du public dans leur poche. J’aurais quand même préféré Muse, l’autre groupe ayant assuré les premières parties sur cette tournée nord-américaine.
A peine le set des Black Eyed Peas terminé, une armée de backliners comme je n’en ai encore jamais vu investit la scène. Ils sont au moins une trentaine à s’affairer afin de mettre en place cette dernière en configuration U2. Le stade est à présent comble, près de 70.000 personnes sont là.
20h55. La sono est poussé à son niveau « concert » et un riff de guitare plus que familier s’élève, tandis que les machines à fumée se mettent en marche. « Space Oddity » de David Bowie, qui lance chaque concert du groupe sur cette tournée, nous prend aux tripes. Un joli clin d’œil pour fêter les 40 ans de la sortie de cet album (disponible depuis peu en édition spéciale remasterisée), qui même s’il n’atteint pas la perfection de ses successeurs (« Alladin Slane », « Honky Dory » et « Ziggy Stardust ») n’en reste pas moins un vrai putain d’album comme on n’en fait plus… Bon je disgresse, mais quel meilleur choix que Bowie pour lancer un concert sur le thème de l’espace, lorsque l’on sait à quel point il s’agit d’un thème récurrent chez ce dernier (« Space Oddity », « Life on Mars », « Starman », « Ziggy Stardust and the Spiders from Mars » -tiens, Spiders, encore une connection-).
Les lumières s’éteignent et Larry Mullen Jr fait son entrée, seul, sur un remix « Sixty Seconds In Kingdom Come », un instru rare du groupe, datant de 1985 et présent sur la face B de »The Unforgettable Fire ». Il s’installe et entame le solo d’intro de « Breathe », bientôt rejoint par le reste du groupe. Une ouverture que j’avais trouvé assez mollassonne sur le live de Youtube, mais qui passe beaucoup mieux et paraît bien plus pêchue lorsque l’on est sur place. C’est aussi cela l’avantage des concerts en live : les instruments sont véritablement mis en avant, et les boucles pro-tools sont noyées derrière les rifs de guitare, les lignes de basse et le martèlement frénétique des fûts et cymbales.
Suivront deux autres morceaux du dernier album : « Get on your boots » et « Magnificient », avant que le concert ne prenne vraiment son ampleur avec la sortie des bons vieux tubes. « Mysterious Ways » ouvre le bal, suivi de « Beautiful Day » et « I’m Still Haven’t Found What I’m Looking For ». Bono s’adresse ensuite à un invité très special present dans le stade, et qui fête son 54ème anniversaire : Bill Gates Himself, le principal mécène de “One” l’association parrainée par le chanteur afin de lutter contre le SIDA et la pauvreté dans le monde.
Adam et Larry s’éclipsent alors le temps d’aller se prendre une petite mousse, laissant Bono et The Edge seuls sur scène pour un « Stuck in a Moment You Can’t Get Out Of » acoustique tout en simplicité et en émotion.
Retour ensuite au dernier album, avec la chanson titre « No Line on the Horizon », suivi de « In a Little While » et « Elevation ». Le show est rôdé, les quatre compères s’amusent comme des petits fous et la complicité et l’amitié transpirent littéralement du groupe. On ne dure pas aussi longtemps par hasard…

Après un « Unknown Caller » qui comme souvent avec U2 prend une toute autre dimension en live, l’écran géant se déploie jusqu’à presque toucher la scène central et nous sommes entraînés dans un tunnel de tubes : « Until the End of the World », « The Unforgettable Fire », « City of the Blinding Lights »(pendant lequel Bono invite une gamine d’une dizaine d’année à courir avec lui tout autour de la scène, et se permettant même de lui offrir ses lunettes au moment de regagner les gradins. Je ne sais pas si c’était prévu, mais en tout cas il n’aura pas fallu plus de 30 secondes à une assistante pour lui en apporter une nouvelle paire.) « Vertigo », « Sunday Bloody Sunday ». Viendra ensuite le moment le plus dispensable du concert avec un remix de « I’ll Go Crazy » façon Blue Man Group, avant la dernière ligne droite montant progressivement en puissance : « MLK », « Walk On » (dédicacé à l’opposante Birmane Aung San Suu Kyi, assignée à résidence par la junte militaire depuis 14 ans, malgré la victoire de son partie aux élections en 1990.), « One », « Where the Streets Have No Name ».
Les lumières s’éteignent quelques secondes, et le groupe ne s’en va pas bien loin avant de faire son retour pour une vague de rappels : « Ultraviolet », « With or Without You » et « Moment of Surrender ».

Au final, 25 titres et 2h20 de concert assez irrégulier au niveau de son rythme. Si lors de leur précédente tournée (« Elevation Tour ») en 2001 la set-list pouvait varier énormément d’un concert à l’autre, elle était cette fois relativement figée, à deux ou trois exceptions près. Un show parfaitement préparé, rodé, mais presque trop propre, trop lissé… Visuellement par contre il n’y a rien à en redire, on en prend vraiment plein la vue, et au niveau du son nos oreilles en ont bourdonné de plaisir. Avec un Bono bien plus en voix qu’à Los Angeles trois jours plus tôt, même s’il semble avoir définitivement perdu sa voix de tête.
Aucun regret, assister à un concert de U2 est toujours un privilège, et le gigantisme et la démesure de cette scène valait à elle seule le déplacement.
Je vous laisse vous faire votre propre opinion en regardant le broadcast Youtube du concert du Rose Bowl de Pasadena, en tout point identique à celui auquel nous avons assisté…
Prochains rendez-vous concerts pour nous : les Dropkick Murphys, un groupe de Punk Celtique, puis Kiss au GM Place (certes d’un kitchissime absolu, mais avec des places à 3 dollars on ne pouvait pas manquer ça)…

Publié par Katy le 15 sept 2009 dans
Vie quotidienne
Le périple étant fini depuis un moment, je m’en retourne sur mon blog à moi, moins joli peut-être mais j’y avais mon petit confort et mes habitudes… Vous y êtes les bienvenus bien entendu
http://ruedesbrouettes.over-blog.com/
Hier, en ce beau dimanche pluvieux, nous avons décidé de nous retrouver entre Français pour une après-midi “poker et crêpes”. Comme nous sommes partageurs et fiers de notre patrimoine culinaire national, nous avons tout de même accepté dans nos rangs 2 Belges et 2 Québécois (histoire de rester dans la francophonie). Alors que nous dégustons lesdites crêpes maison (z’avez essayé de faire des crêpes pour 15 personnes? Ben, ça prend beaucoup beaucoup plus de temps à faire qu’à manger), l’un des Québécois m’interpelle: “C’est quoi la différence entre les crêpes française et les nôtres en fait?”. Euh, je sais pas, le savoir-faire? pensé-je en mon for intérieur.
- Euh, je sais pas… On prend des œufs, du lait, du beurre et voilà, réponds-je à voix haute.
- Ah? Vous mettez pas de poudre à pâte?
Je lui adresse un regard qui, j’imagine, ressemble à celui d’une vache regardant passer un train (ie. vide: mais de quoi il me parle là?) teinté d’un soupçon d’air outragé et réponds:
- De la… poudre à pâte? Bah non, des oeufs, du lait, du beurre et c’est tout.
- Ah ben ça doit être pour ça qu’elles sont toutes légères et fines.
Ouais, sans doute… Sont fous ces Québécois, mais qu’est-ce qu’il vont mettre de la poudre dans la pâte à crêpes???
Ne voulant pas avoir l’air stupide, je ne lui ai pas demandé ce qu’était exactement cette “poudre à pâte” mais imaginais déjà une sorte de mixture à la Francine style “farine à crêpes, rajoutez juste du lait, prêt en 2 minutes”… Pour en avoir le cœur net, je me suis tournée vers mon ami Google qui, comme chacun le sait, a réponse à toutes les questions, y compris (et surtout) les plus stupides. Une rapide recherche m’apprendra qu’en fait la fameuse “poudre à pâte” n’est autre que ce que nous appelons levure ou “poudre à lever” en France. Illico, je quitte mon ordinateur pour aller vérifier ce qu’il y a écrit sur notre pot de “baking powder” dans le placard et, effectivement, la traduction est bien là: “poudre à pâte” (logique quand on y pense, une traduction littérale à la québécoise de plus).
Nous n’avons donc pas élucidé le pourquoi de la supériorité de la crêpe française sur ses contrefaçons nord-américaines (même si on soupçonne le beurre de jouer un rôle important) mais seulement constaté une nouvelle fois que nous ne parlons pas la même langue avec nos amis québécois qui appellent les pancakes des crêpes (raaah ce besoin de tout traduire)!
Et pour couronner le tout, c’est un Belge qui a gagné la partie de poker… La prochaine fois, on restera entre Français de bonne compagnie moi j’vous l’dit…

Un mois et demi après le dernier article, je reprends le clavier pour une petite mise à jour du blog (toujours pas de résumé du séjour à Vegas côté poker désolée, faut s’adresser au co-auteur pour toute réclamation)… Le rythme des dernières semaines a été assez intense pour moi. Suite à cet entretien du 14 juillet pour faire du porte à porte, je suis donc retournée le lendemain à New Westminster pour une “journée d’observation/second entretien” pas bien sorcier (sourire, suivre le rythme et apprendre 3-4 trucs par coeur) au terme de laquelle j’ai appris que j’étais retenue pour rejoindre les rangs de la compagnie dès le lendemain pour “vendre des enfants”*. J’ai ensuite découvert qu’ils embauchent pratiquement toute personne qui se présente mais bon, pas grave, ça me fait un boulot et une expérience intéressante au moins pour l’été…
Un mois et demi plus tard, il y a eu des hauts et des bas (niveau salaire notamment, dont le taux horaire varie d’une semaine à l’autre en fonction du nombre de parrainages signés) mais je suis satisfaite de l’expérience qui me permet de faire connaissance avec les Canadiens de Colombie-Britannique (les gens aux portes desquels je frappe et mes collègues qui ont en moyenne une petite vingtaine d’années et avec lesquels je ne suis pas trop sur la même longueur d’onde mais le côté “sociologique” du boulot est intéressant), d’évoluer dans une ambiance sympa, de rester au grand air (et accessoirement de perdre un peu de poids à force de passer mes journées à marcher), d’apprendre quelques techniques de ventes et de voyager. En effet, j’ai eu l’opportunité d’aller passer 15 jours au Yukon, à Whitehorse (ce qui explique aussi en partie le silence sur le blog): 36 heures de route depuis Vancouver, serrés à 5 dans une Mazda 6 puis dans une chambre d’hôtel avec deux lits queen-size seulement (économies oblige car une partie des frais étaient retenus sur notre salaire), quelques moments difficiles sur le plan relationnel avec les collègues mais aussi l’occasion de faire mieux connaissance, de trouver des affinités avec certains, d’apprécier la gentillesse des habitants de Whitehorse (parmi lesquels un nombre impressionnant de francophones)… et de gonfler le salaire.

Le séjour au Yukon s’est révélé un peu frustrant sur le plan touristique car on n’a pas eu le temps de sortir de la ville mais sur la route du retour on a pu admirer les paysages fantastiques du nord de la Colombie-Britannique et apprécier une pause familiale dans la réserve perdue au milieu des montagnes de l’un de mes collègues, d’origine indienne (ceux avec les plumes sur la tête et les totems, pas ceux de Bollywood).

Après deux semaines “en ville”, à frapper aux portes de la banlieue plus ou moins proche de Vancouver, je repars lundi pour 5 jours, direction l’île de Vancouver en espérant une campagne aussi fructueuse qu’à Whitehorse… Les horaires étant décalés (de 13h à 21h30, auxquels il faut rajouter 45 minutes de transport), je rentre le soir pour manger, me reposer et dormir jusqu’en milieu de matinée, ce qui ne me laisse pas trop de temps pour mettre à jour le blog… sans compter qu’il reste quelques formalités administratives à remplir (assurance habitation, permis de conduire et, accessoirement, garder un oeil ouvert sur les opportunités pour changer de boulot) dont je m’occupe avant de partir travailler.
Pour David, bonne nouvelle, fin juillet il a appris qu’il était retenu pour être “bakery clerk” (employé au rayon pâtisserie) dans un supermarché qui va ouvrir début septembre. Il a déjà eu quelques journées de formation “théorique” (règles d’hygiène, se familiariser avec la marque et l’implantation du magasin) qui seront complétées la semaine prochaine par une formation pratique avant la grande ouverture du 5 septembre.
On continue notre petit bonhomme de chemin en Colombie-Britannique et tout se passe plutôt bien pour l’instant…
Plus de photos du trip BC/Yukon, ici.

* ne vous inquiétez pas, on se contente de leur trouver des parrains qui font une donation mensuelle, pas question de trafic ici et personne ne parle de vente sauf moi pour plaisanter.
Publié par Katy le 19 juil 2009 dans
Canada,
Vancouver,
Vie quotidienne
Tout a commencé le lundi matin lorsque je reçois un coup de fil vers 10 heures où l’on me dit “On a vu votre CV sur Internet [ah? je l'ai mis où déjà? m'enfin peu importe], le manager voudrait vous voir en entretien”. “OK, super, quand? Demain 11h? OK, super! euh… c’est quoi déjà le nom du manager? et le nom de la boîte? et l’adresse?”. S’ensuivent de longues recherches sur le net pour essayer de savoir en quoi peut bien consister le mystérieux boulot car je ne me souviens pas avoir postulé dans l’entreprise… Au passage, je me rends compte que l’adresse n’est pas 317 Columbia Street à Vancouver (en plein downtown) mais 317 Columbia Street à New Westminster (à 18km au sud) mais bon, j’ai décroché un entretien, je ne vais pas le bouder, au pire, ça me fera un entraînement. De mes recherches, j’en ai déduit qu’il s’agissait d’un boulot soit de call center soit de porte à porte, a priori pour le compte d’associations caritatives mais tout ça reste assez flou. M’enfin, je prépare quand même mon entretien à fond comme on nous a conseillé à Educacentre, allant même jusqu’à rédiger mes réponses aux questions-types les plus courantes et à les apprendre quasiment par coeur.
Me voilà donc le mardi matin, tout fraîche et pimpante et un peu stressée, en route pour New Westminster, première étape d’une journée chargée. L’entretien a duré au bas mot 5 minutes, avec un manager qui parlait à une vitesse supersonique et m’a à peine laissé le temps de placer 3 phrases (parmi lesquelles j’ai réussi à caser, en substance, certaines réponses préparées). Il me confirme au passage que c’est pour faire du porte à porte pour 2 associations caritatives similaires très réputées (Plan et Worldvision). J’ai l’impression de m’en être pas mal tirée mais c’est allé tellement vite et on m’a tellement répété de ne pas faire confiance à un recruteur canadien qui dit “vous m’avez fait une très bonne impression” que je ne me fais pas trop d’illusions même si j’attends avec impatience l’après-midi entre 15h et 17h, créneau pendant lequel le manager est censé me rappeler si c’est bon. Il me prévient que si c’est bon, je dois revenir le lendemain pour passer la journée (14h-21h) sur le terrain avec un représentant expérimenté pour voir si ça me va et si j’ai une attitude qui leur convient.
A 11h15, je remonte dans le Skytrain en direction de downtown où la réception de l’Ambassadeur (du consul en l’occurrence) m’attend. En effet, pour le 14 juillet, une petite réception est organisée dans l’un des plus beaux hôtels de Vancouver pour la communauté française et quelques invités francophiles. L’invitation qui devait nous être envoyée par courrier n’est pas arrivée mais, en habituée des réceptions mondaines de ce genre, je me pointe à l’accueil avec aplomb et, après avoir pris mon nom, qui ne figurait même pas sur les listes, on me laisse entrer sans problème. Je ne resterai pas seule longtemps car une visite aux toilettes me permettra de rencontrer Irène, une charmante Franco-Vancouverite (issue de Sainte-Geneviève-Bois, pas loin de Juvisy, ça fait plus de 40 qu’elle a élu domicile à Vancouver), elle aussi “abandonnée” par son mari pour la réception. Elle me donnera quelques bonnes adresses et, après avoir appris que je cherchais un travail, me présentera à certaines de ses connaissances, dont la Présidente de l’Alliance Française. Une Française rencontrée à Educacentre me tiendra aussi compagnie un moment, présence amicale dans ce monde d’inconnus qui passent tous leurs 14 juillet ensemble et qu’il est difficile d’accoster sans raison autre que “bonjour, je cherche un boulot, vous avez quelque chose pour moi?”. Par contre, la fameuse réception de l’ambassadeur s’est avérée un peu décevante avec un buffet peu garni, un champagne qui semblait me fuir (mais j’ai fini par le rattraper) et des Ferrero Rochers que je cherche encore (il est vrai que le monsieur qui nous invitait n’était que consul, pas ambassadeur)… Il est vrai aussi que la plupart des gens, hormis les vieux, doivent avoir un boulot et, comme le 14 juillet n’est pas férié au Canada, ils ont dû prendre sur leur pause déjeuner pour venir. D’ailleurs, c’est assez déstabilisant de constater que la Terre ne s’arrête pas de tourner le 14 juillet hors de France, que tout est ouvert et qu’on vous convoque même en entretien d’embauche…
Vers 13h30/14h, les salons s’étant vidés en même temps que les derniers restes du buffet et des bouteilles d’alcool, nous décidons de lever le camp aussi. Je prends alors le bus pour Stanley Park car j’ai prévu d’aller déposer mon CV en personne au bureau d’accueil de l’Aquarium. J’ai vu sur leur site qu’ils recrutaient, j’ai répondu en ligne mais sans suite et on m’a parlé de quelqu’un qui avait été recruté comme ça “en direct” après s’être présentée donc pourquoi pas moi? La superviseur du bureau d’accueil a l’air impressionnée par mon CV mais me répond qu’ils ont terminé le recrutement pour son secteur et qu’elle va le transmettre à l’un de ses collègues qui s’occupe des photos ou du magasins de souvenirs. Même pas 5 minutes plus tard, alors que je me dirige vers l’arrêt de bus, mon téléphone sonne: “C’est Catherine? Où êtes-vous? Je vous attends à la porte X”. Illico, je fais demi-tour et rencontre un jeune homme, d’origine non-canadienne (pas réussi à identifier l’accent), à peine plus vieux (sans doute même plus jeune) que moi. Il attaque d’emblée: “J’ai vu votre CV, votre niveau d’éducation élevé, qu’est-ce que vous venez faire là?”. Je lui explique donc que je viens d’arriver, que je cherche un boulot peu qualifié pour commencer et que l’Aquarium est génial que j’aimerais y travailler (ce qui est vrai). Tout ce qu’il a à me proposer c’est un temps partiel payé 10$ de l’heure pour faire poser les touristes qui entrent à l’Aquarium devant l’appareil photo (sur un fond vert) et pour leur vendre ensuite les photomontages moches devant le bébé béluga ou les dauphins. Ca me ferait une première expérience dans la vente, avec un apprentissage de l’utilisation de la caisse enregistreuse et de la machine à carte bleue donc je dis ok pour un essai le lendemain matin (ben oui l’après-midi, j’espère bien avoir l’autre essai pour le porte à porte).
Ma journée est presque terminée, il me reste juste à passer dans les bureaux d’Adecco pour faire les tests requis pour poursuivre le processus d’inscription (globalement la même chose que dans l’agence précédente même si l’interface est différente: utilisation des principaux logiciels de Microsoft Office, vitesse de frappe…) avant de rentrer à la maison.
J’arrive à l’appartement vers 17h30 et n’ayant toujours pas reçu de coup de fil de la part du manager suite à l’entretien du matin, j’essaie d’appeler son bureau pour tenter de savoir ce qu’il en est mais ça ne répond pas… Je suis de moins en moins optimiste mais tout de même résolue à rappeler le lendemain matin pour savoir si c’est la peine que je me déplace jusqu’à New Westminster à nouveau ou pas, lorsque mon téléphone sonne… à 21h30… C’est le manager pour m’annoncer que je suis retenue pour ce qu’il appelle “le second entretien” qui est en fait une journée d’observation suivie d’un entretien à peine plus long que le premier.
Que d’émotions en ce 14 juillet!
Publié par Katy le 15 juil 2009 dans
Canada,
Colombie Britannique
Voilà, une nouvelle semaine de passée, entre recherche de boulot et participation aux ateliers d’Educacentre (association d’aide aux francophones en matière de recherche d’emploi et d’immigration) pour améliorer CV et lettre de motivation et savoir comment réussir un entretien d’embauche (et l’occasion de rencontrer d’autres PVTistes sympathiques fraîchement débarqués)…
L’agence d’intérim qui avait peut-être une opportunité pour moi à l’aéroport ne m’ayant pas rappelée (elle n’était pas optimiste, rapport aux exigences en matière de sécurité et mon statut de résidente temporaire), j’ai décidé de m’autoriser un week-end “à la montagne” avec une vingtaine d’autres couchsurfeurs. David ayant un entretien dans une pizzeria le samedi après-midi, j’ai fait mon égoïste et suis partie seule avec les deux Australiennes que nous avons hébergées pendant 3 jours (notre première expérience – réussie – en tant qu’hôtes) et un Allemand qui n’avait pas de moyen de locomotion.
Départ le samedi à 8h en direction du camping de Cal-Cheak, à 16km de Whistler (site principal des prochains JO d’hiver et endroit renommé l’été pour ses pistes de rando et de VTT). Nous arrivons juste à temps pour nous joindre à une randonnée “tranquille” pour atteindre le Cheakamus Lake.
Il fait chaud, 29°, et le soleil tape mais la balade est agréable, à l’ombre de la dense canopée de la “rain forest” (forêt tropicale en français) dont se dégagent des odeurs de mousse et de feuillages humides. La lumière est incroyable, les quelques rayons du soleil qui arrivent à pénétrer l’épaisse couche végétale révélant des nuances de verts et de bruns qui changent constamment en fonction de l’inclinaison de l’astre solaire. Le bruit du torrent de montagne qui nous accompagnait depuis le début de la balade s’est tu presque d’un seul coup et, enfin, est apparu devant nous le Cheakamus Lake, étendue turquoise sertie dans l’écrin de verdure des montagnes ensapinées dont certaines affichent à leur sommet des glaciers étincelants de neiges éternelles.

C’est tellement beau que nous décidons de continuer le sentier jusqu’à son terme, quelques kilomètres plus loin. Là, nous découvrons une petite plage où nous avons l’impression d’être seules au monde (entre ceux qui ont pris un autre chemin, plus difficile et envahi de moustiques, et ceux qui avaient des impératifs et ont dû rentrer, nous nous sommes retrouvées à 5 filles sur la plage: une Canadienne, une Mexicaine, deux Australiennes et moi). Quelques bains de pieds vivifiants dans l’eau fraîche et une pause lézardage au soleil plus tard, nous prenons la route du retour, quittant à contrecœur notre havre de paix, mais il nous reste 7km à faire pour atteindre le parking. En guise de balade tranquille, nous aurons quand même fait 14 km mais l’ambiance, elle, était zen… Seul regret, nous n’avons pas vu d’ours… Nous avons juste pu admirer l’ingénieux système de “cachette à nourriture” (food cache) composé de filins d’acier, de crochets et de poulies pour suspendre tout ce qui contient de la nourriture (ou assimilé dans la tête d’un ours).

De retour au camping, la pause dîner s’organise tant bien que mal sans feu de camp (interdit en raison des risques d’incendie) mais la soirée sera tout de même très sympathique. Le lendemain, la fatigue aura eu raison de notre motivation et nous resterons papoter au camping jusqu’à l’heure du retour à Vancouver. La route qui relie Whistler à Vancouver (surtout la seconde partie, après Squamish) est superbe, malgré les nombreux travaux (ils auront une belle route neuve pour les Jeux Olympiques) qui rendent la conduite moins agréable, car on a tout le loisir d’admirer le fjord du Howe Sound. On comprend alors pourquoi la route est surnommée la “Sea to Sky Highway” (désolée, pas de photo, je conduisais mais vous pouvez chercher sur Google images)…
Et l’entretien de David, me direz-vous? Ben, il paraît qu’il habite trop loin… Pourquoi l’avoir fait venir alors vu que l’adresse était sur le CV? Mystère…
(ça c’est la rivière au bord de laquelle était le camping)
Oui mais voilà, il faut le trouver d’abord… La recherche a repris avec le début de la semaine et le retour de la pluie.
Pour moi, depuis hier c’est donc la course (enfin tranquille hein) aux agences d’intérim et de placement comme on dit ici. D’abord, petit tour sur le web pour chercher des noms, voir si leur offre peut correspondre à mon profil et à ce que je cherche (service clientèle – comprendre call center la plupart du temps – ou assistante, le tout bilingue si possible pour tirer parti de mon “avantage concurrentiel” sur tous les anglophones du marché), trouver les adresses et enfin, préparer un itinéraire pour optimiser les kilomètres parcourus (ça va, ils sont tous dans le Downtown dans un périmètre de 2 km mais il pleut donc c’est important de savoir où garer le vélo pour ensuite marcher sous le parapluie!). Encore une fois merci Google Map et son application pour iPhone (qui n’est pas un gadget sur ce coup-là)!
Après avoir déposé mon CV dans 5 ou 6 agences, je me suis aperçue que c’est un peu comme dans les banques: il y a ceux qui essaient de vous mettre à l’aise, de vous donner l’impression que vous êtes les bienvenus dans leur base de données de candidats (genre ils se souviennent qu’ils ont un peu besoin de vous pour garder leurs clients) et vous donnent un rendez-vous dans la journée ou vous promettent un suivi (Angus One et Adecco, Randstad dans une moindre mesure) et les autres… Les autres, en général ça commence à l’accueil (faut dire aussi que je n’ai pas eu l’occasion d’aller plus loin) : aseptisé, voire trèèèès aseptisé (”ici on ne prend pas les CV, il faut le télécharger sur notre site, les papiers, ça se perd”… Je ne suis même pas sûre qu’il y avait un stylo ou un post-it sur le bureau de la fille!) et tenu par une vieille à l’allure revêche (un peu style la Super Nanny de M6) pour bien décourager les candidats spontanés qui osent s’aventurer au 20è étage de leur tour de verre et stresser ceux qui sont convoqués en entretien. Quant à avoir le nom ou la carte d’un conseiller, n’y pensez même pas avant d’avoir passé la pré-sélection…
Peut-être est-ce la différence entre les “vraies” agences d’intérim et les cabinets de recrutement/chasseurs de tête qui font aussi de l’intérim.
Et maintenant, wait and see comme on dit… Chez Adecco, on m’a d’ailleurs annoncé qu’il allait falloir m’armer de patience car, si le marché de l’emploi au Canada est moins sinistré qu’ailleurs (il y quasiment autant d’offres qu’avant en ce qui concerne l’intérim), le nombre de chercheurs d’emploi a explosé et ils n’arrivent pas à traiter toutes les inscriptions en flux tendu. Elle m’a confié avoir récemment accueilli plusieurs Irlandais qui avaient “fui” le pays après un licenciement économique (la criiiise, toujours la criiiise)…
Pour David, c’est distribution tous azimuts de CV dans les cafés, restauration rapide, etc.
Pas réjouissant tout ça même si c’est rassurant de savoir que du boulot, il y en a, et qu’il suffira peut-être de se trouver au bon endroit au bon moment… En attendant, j’essaie de m’inscrire comme bénévole pour diverses associations afin d’accumuler de l’expérience et des contacts, il paraît que ça aide donc wait and see là encore et première échéance le 25 juillet (un festival de lanternes : chacun confectionne sa lanterne et vient avec pour éclairer le parc le samedi soir, le tout sur fond de musique et arts de rue) !
Publié par Katy le 5 juil 2009 dans
Road-Trip
Voilà, le fameux 1er juillet est arrivé et nous avons emménagé dans notre grand appartement, désormais joliment meublé.
Le 30 juin nous avions rendez-vous avec le gardien de l’immeuble pour prendre possession des clés et faire l’état des lieux (rapide l’état des lieux… même s’il dit qu’il sait dans quel état est l’appartement, nous lui avons quand même demandé de préciser par écrit que le parquet était abimé, on n’est jamais trop prudent avec ces choses-là). Bonne surprise, il nous dit que nous pouvons commencer à emménager si nous le souhaitons. Ni une ni deux, nous démontons les banquettes du Dodge Grand Caravan, attachons le vélo à un arbre du parking et retournons à Burnaby faire un premier chargement de la voiture, sommier sur le toit et tout ce qu’on peut entasser à l’intérieur la voiture (plusieurs mètres cubes, mine de rien on en met là-dedans!). Nous nous débrouillons pour charger les choses les plus lourdes et encombrantes pour se simplifier la tâche le lendemain et avoir ainsi le temps de profiter de la fête nationale.

- Avant…
Le 1er juillet donc, réveil tôt pour le deuxième et dernier voyage. Une fois tout déposé et un peu rangé dans l’appartement, nous prenons la direction de Granville Island. Il fait beau, c’est la fête nationale, synonyme de jour férié pour beaucoup, tout le monde est de sortie et arbore qui des tenues rouges et blanches, qui des petits drapeaux canadiens (j’arriverai d’ailleurs à en récupérer un pour accrocher à mon sac). Des concerts en plein air sont organisés ça et là avec au programme soit des amateurs dans la rue soit des pros dans le cadre du festival de jazz, des odeurs de barbecues flottent dans l’air et les “community centers” ont ouverts leurs portes aux petits et grands (ce sont des associations de quartier qui proposent plein d’activités culturelles et sportives et mettent à disposition des Vancouverites, gratuitement, des terrains de tennis et autres sports collectifs). Nous en profitons pour découvrir la promenade de False Creek, en bord de rivière (enfin, de mer), très agréable.

Comme il nous manque encore quelques petites choses pour l’appartement, nous décidons ensuite d’aller faire un tour chez Ikea (pas de jour férié qui tienne pour eux… ah si, ils ferment à 19h, 2 heures plus tôt que d’habitude) où nous trouvons en partie notre bohneur. Nous avons ensuite rendez-vous en fin d’après-midi pour voir une table repérée, comme quasiment tous nos meubles, sur le site Craiglist (comme leboncoin.fr mais encore mieux). Là encore, des immigrés (russes, qui a dit qu’il n’y avait que des chinois à Vancouver?!) qui déménagent et se débarrassent de ce qui ne leur est plus utile et cela s’avère être une très bonne affaire, une jolie table en très bon état avec un plateau de verre comme nous n’osions l’espérer pour 85$.
Le lendemain, direction le “Dollar Giant” (rien à plus de 1,25$) le plus proche pour faire le plein de petites choses utiles qui ne valent pas la peine de dépenser plus cher (salière/poivrier, balai, serpillière, seau…) puis, encore un rendez-vous, à North Vancouver cette fois, pour voir un canapé qui a l’air parfait pour nous… A 19h30, nous ressortons donc de chez Jacek (Polonais d’origine, mais qui, lui, reste au Canada) avec, sous le bras, la pièce finale qui manquait pour “finir” le salon et l’ameublement “minimum” (même si le canapé n’était pas considéré comme une urgence) et 175$ en moins (pour un canapé en cuir Natuzzi, même un peu décoloré, ça vaut le coup). Au total, entre les meubles et les “bricoles” (draps, serviettes, aspirateur, tapis que nous sommes obligés d’installer pour isoler du bruit si nous ne voulons pas que les voisins du dessous se plaignent, ustensiles de cuisine, un minimum de vaisselle, lampes…), nous nous en sommes tirés pour environ 1500$ (soit moins de 1000€ avec le taux de change actuel et en tout cas moins que ce que nous avait rapporté la “grande braderie” de Juvisy), le fait que le gros électroménager soit fourni aidant grandement… Raisonnable, sachant qu’on a pris des choses qui nous plaisaient vraiment (que nous n’aurions jamais eu les moyens d’acheter neuves) et que nous sommes très contents de l’allure finale de notre appartement “dans les arbres” (la rue en bas est bruyante mais depuis le canapé on ne voit que les arbres par les fenêtres, c’est agréable, et le soir on aperçoit le sommet des montagnes se découper sur un ciel qui se pare de belles couleurs au coucher du soleil).

Après...

(les chaises de camping, c'est parce qu'on avait du monde, sinon elles sont dans l'un des nombreux placards)
Le week-end arrivant à grands pas, nous jugeons préférable d’attendre le lundi pour recommencer à chercher un boulot (recherche quelque peu mise de côté pour cause de déménagement et de Canada Day malgré l’envoi de candidatures par mail) et profitons du beau temps pour sortir le vélo, pour moi, et jouer au tennis pour David. Nous avons aussi commencé à “socialiser” avec la communauté des couchsurfeurs de Vancouver (pour le côté anglophone et “local”) et quelques PVTistes. Vive le XXIème siècle et Internet qui permet de garder le contact avec la France et de ne pas se retrouver tout seul perdu même lorsqu’on est à l’autre bout du monde!

Publié par Katy le 29 juin 2009 dans
Road-Trip
avant-propos: si vous avez la curiosité d’aller lire des articles datant de quelques jours ou semaines, vous aurez la mauvaise surprise de voir des caractères étranges à la place des accents… une mise à jour ratée de l’interface de gestion du blog en est responsable. Nous avons pu récupérer tous les articles mais pas les caractères inconnus des anglo-saxons. On y travaille et tout redevrait progressivement revenir à la normale. Mais vu que vous nous avez suivis au jour le jour, ça ne devrait pas trop vous gêner
A partir du mercredi, nous adoptons un rythme un peu plus tranquille que les jours précédents et nous concentrons sur la recherche d’un emploi, David répondant aux annonces concernant la restauration, allant prospecter notamment auprès de “Café Crêpes” où le fait d’être français peut jouer en sa faveur et moi déposant quelques CV dans des boutiques proches de notre futur appartement. On saura cette semaine si ces premières pistes s’avèrent concluantes ou non…
Le beau temps étant revenu sur Vancouver, nous en profitons aussi pour nous promener un peu et découvrir notamment Kitsilano Beach, plage agréable à 3 km de notre futur chez nous, d’où l’on a une superbe vue sur le downtown, Stanley Park et les montagnes. Bon, il fait encore un peu frais et l’eau n’est qu’à 16° donc on remettra la baignade à plus tard mais en attendant, on peut toujours se balader au bord de l’eau sur la promenade aménagée en regardant les chiens s’élancer dans la mer. Nous avons aussi rencontré quelques collègues PVTistes intéressés par le sport et le poker, l’occasion d’échanger sur le logement et le boulot et de trouver un sparring partner pour permettre à David de se remettre au tennis, 15 ans après avoir touché sa dernière raquette…
Nous avons découvert de nouveaux quartiers: Commercial Drive (cafés italiens et portugais, petites boutiques indépendantes de vêtements…), très sympa malgré quelques individus étranges, et, dans le centre ville, Chinatown et Gastown (le coeur historique de Vancouver, fait de mignonnes rues pavées et de lampadaires fleuris), ce dernier étant très animé en raison d’un festival de jazz (malheureusement beaucoup plus onéreux que celui de Montréal, même si la banque partenaire a tout de même financé 2 scènes en plein air en libre accès).
Même si nous avons fait notre possible pour éviter la fameuse rue de East Hastings, nous avons tout de même été contraints de la traverser et nous avons croisé d’autres individus étranges, glauques, flippants… Et encore, on était au tout début de la rue donc nous n’avons pas assisté au pire du spectacle que peut offrir cette partie de Vancouver. On nous avait parlé de la population de sans-abris et de drogués de la ville, différente de ce qu’on peut voir à Paris, et il est vrai que c’est très déstabilisant lorsqu’on en croise (heureusement c’est rare et encore plus dans notre futur quartier).
Le week-end étant de retour, nous avons mis la recherche de boulot entre parenthèses et, comme je m’ennuyais dans ma banlieue burnabyenne, en bonne fille qui se respecte, j’ai fait du shopping… Enfin, j’ai eu le “malheur” de taper le mot-clé “table” dans Craiglist pour voir ce qu’il y avait sur le marché… Et des tables, il y en avait! Dernier week-end avant le grand chambardement du 1er juillet, dernière occasion pour ceux qui s’en vont loin de se délester de quelques meubles. Nous avons donc d’abord repéré une table basse correcte, entourée d’un ensemble canapé+fauteuils très bien et pas cher ainsi que de plein de bricoles qui pourraient nous être utiles… Rendez-vous est pris pour mardi pour voir tout ça (ça nous arrange, si on achète quelque chose on n’aura pas à le stocker). Puis, une autre table basse, exactement le genre que nous recherchions, pour la modique somme de 15$ qui plus est, nous fait de l’oeil… Le temps de passer le coup de fil et d’aller jusqu’à Kitsilano et la table était à nous! Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à la “trocante” japonaise où nous avions trouvé le fauteuil pour voir s’il a reçu des tables de cuisine ou de salon et là, dans l’entrée, un beau vélo de femme Raleigh bordeaux en très bon état et au prix cassé (66$ TTC) semblait m’attendre. Ajoutez à cela la mallette de jetons de poker dont nous avons débarrassé un couple en train de déménager (Craiglist aussi) et la journée était complète. On avait dit pas de shopping avant le 2 juillet mais il eût été dommage de laisser passer ces bonnes occasions… et au moins, on emménagera dans un appartement qui ressemblera à quelque chose!
Eh oui, le temps passe vite, ça fait déjà une semaine qu’on est là! Les choses s’enchaînent et on ne voit pas les jours passer…
Après un samedi consacré à la recherche d’appartement et conclu par un dîner sympathique en bord de mer avec une colocataire québécoise, nous avons prévu un dimanche tranquille : balade au marché de Granville Island le matin et installation dans notre chambre provisoire l’après-midi.
Le lundi, nous entamons la journée dès 7h pour être à 8h30 aux bureaux de “Service Canada” afin de demander notre numéro d’assuré social, sésame indispensable pour ouvrir un compte et travailler. Ca a beau être une administration, l’affaire est quand même rondement menée : 30 minutes d’attente et 1/4 d’heure pour remplir les papiers et nous voilà en possession d’un numéro valable pour la durée de notre PVT.
La seconde étape logique est la banque et nous allons donc prospecter les agences proches de notre futur appartement parmi les enseignes les plus répandues au Canada (facteur très important quand on sait qu’il y a des frais sur les retraits aux distributeurs qui ne sont pas ceux de votre banque) :
TD Canada Trust (qui nous fixe un rendez-vous dans l’heure), HSBC (qui nous donne un dépliant avec les tarifs), Scotia (incapable de nous donner un rendez-vous avant le lendemain et de nous donner une plaquette avec ses tarifs) et la Royal Bank of Canada (où on nous donne une brochure et un rendez-vous dans les 2 heures). Même si l’accueil de la RBC nous a paru très pro, la palme reviendra au premier que nous verrons, TD Canada Trust, peut-être un poil plus cher que d’autres mais on a bien aimé notre conseiller, Sean O’Brien (né à Vancouver mais on serait prêts à parier qu’il a des origines irlandaises), et les horaires d’ouverture étendus ont pesé dans la balance.
Ce qu’il faut savoir lorsqu’on ouvre un compte en banque au Canada, c’est qu’on paie pour plein de choses… le tout étant de choisir la formule la plus rentable pour vous. Dans le cas de la banque, l’ouverture du compte est gratuite et vous n’avez pas de dépôt initial à faire mais vous payez un forfait mensuel qui vous donne droit à un certain nombre d’opérations (chaque fois que de l’argent sort du compte, que ce soit un retrait, un virement, un chèque, etc). Par exemple, chez TD, le forfait minimum à 3,95$ vous autorise 10 opérations dans le mois, les suivantes étant facturées 0,65$ pièce, le forfait à 8 et quelques dollars vous en autorise 25 et ainsi de suite jusqu’aux comptes “opérations illimitées” (chers). Les chèques sont, eux, payants (23$ pour 50 chèques chez TD mais on en a eu 54 offerts à l’ouverture du compte, ça devrait nous faire un moment). Par contre, en cohérence avec la mentalité nord-américaine qui a inventé le système de “tip” (pourboire), votre banquier vous tend une carotte pour vous inciter à être bon élève: si votre compte reste tout le mois au-dessus d’un certain plafond (1000$ pour la formule à 4$, 2000$ pour la formule à 8, etc), les frais du mois sont supprimés… Ça peut devenir très intéressant lorsque vous avez suffisamment de revenus pour vous “offrir” un compte à opérations illimitées, mais nous n’en sommes pas encore là.
A 11h30, le temps de remplir toutes les paperasses, nous voilà équipés chacun d’une belle carte de débit que nous ne pouvons pas utiliser… Ne voulant pas “gâcher” une opération en déposant du liquide sur le compte pour devoir le retirer 24 heures plus tard, nous devons attendre que le virement de notre banque française arrive (bonne surprise, cela ne mettra que 48h avec le Crédit Mutuel, quant à la Banque Postale, au bout de 4 jours, on attend toujours que les sous quittent le compte français).
Ensuite, comme nous en avons marre de payer le tarif longue distance avec notre téléphone de Montréal, nous nous dirigeons vers la boutique de téléphone la plus proche pour céder à la tentation en achetant un iPhone 3GS (la dernière génération sortie il y a une dizaine de jours). Pour ne pas faire de jaloux, nous décidons d’en prendre un chacun (pas raisonnable mais il est tellement bien! et, comme en France, les tarifs de lancement et pour l’ouverture d’une nouvelle ligne défient toute concurrence). Manque de chance, il n’en reste qu’un en stock mais le vendeur, sans doute payé plus cher à la commission qu’au fixe, nous propose d’aller nous en chercher un dans une autre boutique. Galante, et ayant besoin d’un peu de temps pour être vraiment convaincue, je laisse David prendre l’iPhone et remplir les papiers (on en a rempli des cases en une matinée!) et choisir ses options. En effet, le téléphone, c’est comme la banque, on paie pour des choses qu’on n’imaginerait pas payer en France: les appels et messages sortants bien sûr mais aussi les appels et messages entrants (vous payez quand vous recevez un appel), la messagerie (!), la présentation du numéro, etc. Mais bon, on s’y retrouve encore largement si on compare avec les offres sur le marché français, et encore plus avec le cours actuel du dollar canadien
Bon, nous voilà avec un numéro d’assuré social, un compte en banque et un téléphone pour être joignables… Il est temps de se préoccuper de trouver un boulot pour alimenter le compte et payer les factures. Direction donc le Collège Educacentre qui aide les francophones de Vancouver pour tous types de démarches et notamment la recherche d’emploi. Les infrastructures sont bien et plusieurs ateliers sont organisés pour aider à faire un CV, une lettre de motivation… Nous y sommes retournés plusieurs fois dans la semaine et y retourneront sans doute dans les semaines à venir. C’est à l’occasion d’une de ces visites que nous avons retrouvé une amie que nous avions connu à Paris (qui était partie 2 jours après nous mais directement pour Vancouver), ça fait du bien de voir une tête connue! Elle nous invitera au passage à l’accompagner à son entretien du lendemain chez Sodexo qui est tenu de recuter 1000 francophones pour les Jeux Olympiques 2010 et a, apparemment, un peu de mal à en trouver autant.
Mardi matin, 11h, nous voilà donc en plein downtown pour passer un entretien qui tient plus de la formalité que de la sélection draconienne. David étant honnête à la question “Etes-vous bilingue?” en répondant qu’il a besoin d’améliorer son anglais, il s’entendra répondre “Mais vous êtes français, vous parlez français? Donc vous ^étes bilingue”. Ok, si ça marche comme ça, on veut bien… Quelques autres questions pour la forme et pour essayer de déterminer dans quelle équipe on va pouvoir leur être utile (service du café, de la nourriture, ménage…), une photo style photo de prisonnier, une petite signature au bas d’une lettre confirmant notre engagement et nous voilà sortis. Nous avons donc du boulot pour une durée de 2 mois à compter de fin janvier 2010. Ca ne nous aide pas beaucoup dans l’immédiat mais c’est toujours ça de pris et ça peut être une expérience amusante (et utile pour mettre un pied chez Sodexo).
Le reste de la semaine sera consacré à la chasse au boulot (nous y reviendrons) et aux bonnes affaires sur Craiglist pour trouver les éléments de base pour meubler notre appartement : un canapé, une table, des chaises, de la vaisselle, un lit… La chance est encore avec nous : il y a plein de bazar à vendre pour des cacahouètes dans la maison où nous louons la chambre et nous récupérons pas mal de petites choses utiles et en on état (draps, grille-pain, assiettes…). Dès lundi nous trouvons aussi un ensemble lit+sommier+structure à roulettes, vendu par un particulier mais encore neuf sous plastique, pour la modique somme de 250$ ; un fauteuil trèèèèèès confortable en cuir, un petit bureau informatique, des chaises et diverses choses dont une dame qui doit retourner d’urgence en Argentine se débarrasse à prix bradés et un autre fauteuil Ikea confortable aussi (du même style que celui qui est dans ton salon Fanny) dans une braderie.
Le temps de demander à ceux qui nous louent la chambre si on peut stocker notre bazar à côté de leur bazar à vendre, de vider la voiture, de l’emmener au garage pour débloquer le coffre dont la serrure ne répond plus depuis des mois (rouillée…) et, le lendemain, nous allons récupérer nos trouvailles. Pour être biens, il nous manque encore une table mais, avec tout ce qu’on a, on va déjà être obligés de faire au moins 2 voyages entre ici et notre nouvel appartement (15 km l’aller) donc on a décidés qu’on arrêtait là les achats… On reprendra notre quête le 2 juillet à la recherche d’une table et de vélos.
Nous n’avons pas fait beaucoup de tourisme du coup mais, de toutes façons, le temps ne s’y prêtait pas vraiment avec des averses fréquentes donc pas de regrets.
A suivre…