14 juillet, fête nationale, quelle belle journée!

Publié par Katy le 19 juil 2009 dans Canada, Vancouver, Vie quotidienne |

Tout a commencé le lundi matin lorsque je reçois un coup de fil vers 10 heures où l’on me dit “On a vu votre CV sur Internet [ah? je l'ai mis où déjà? m'enfin peu importe], le manager voudrait vous voir en entretien”. “OK, super, quand? Demain 11h? OK, super! euh… c’est quoi déjà le nom du manager? et le nom de la  boîte? et l’adresse?”. S’ensuivent de longues recherches sur le net pour essayer de savoir en quoi peut bien consister le mystérieux boulot car je ne me souviens pas avoir postulé dans l’entreprise… Au passage, je me rends compte que l’adresse n’est pas 317 Columbia Street à Vancouver (en plein downtown) mais 317 Columbia Street à New Westminster (à 18km au sud) mais bon, j’ai décroché un entretien, je ne vais pas le bouder, au pire, ça me fera un entraînement. De mes recherches, j’en ai déduit qu’il s’agissait d’un boulot soit de call center soit de  porte à porte, a priori pour le compte d’associations caritatives mais tout ça reste assez flou. M’enfin, je prépare quand même mon entretien à fond comme on nous a conseillé à Educacentre, allant même jusqu’à rédiger mes réponses aux questions-types les plus courantes et à les apprendre quasiment par coeur.

Me voilà donc le mardi matin, tout fraîche et pimpante et un peu stressée, en route pour New Westminster, première étape d’une journée chargée. L’entretien a duré au bas mot 5 minutes, avec un manager qui parlait à une vitesse supersonique et m’a à peine laissé le temps de placer 3 phrases (parmi lesquelles j’ai réussi à caser, en substance, certaines réponses préparées). Il me confirme au passage que c’est pour faire du porte à porte pour 2 associations caritatives similaires très réputées (Plan et Worldvision). J’ai l’impression de m’en être pas mal tirée mais c’est allé tellement vite et on m’a tellement répété de ne pas faire confiance à un recruteur canadien qui dit “vous m’avez fait une très bonne impression” que je ne me fais pas trop d’illusions même si j’attends avec impatience l’après-midi entre 15h et 17h, créneau pendant lequel le manager est censé me rappeler si c’est bon. Il me prévient que si c’est bon, je dois revenir le lendemain pour passer la journée (14h-21h) sur le terrain avec un représentant expérimenté pour voir si ça me va et si j’ai une attitude qui leur convient.

A 11h15, je remonte dans le Skytrain en direction de downtown où la réception de l’Ambassadeur (du consul en l’occurrence) m’attend. En effet, pour le 14 juillet, une petite réception est organisée dans l’un des plus beaux hôtels de Vancouver pour la communauté française et quelques invités francophiles. L’invitation qui devait nous être envoyée par courrier n’est pas arrivée mais, en habituée des réceptions mondaines de ce genre, je me pointe à l’accueil avec aplomb et, après avoir pris mon nom, qui ne figurait même pas sur les listes, on me laisse entrer sans problème. Je ne resterai pas seule longtemps car une visite aux toilettes me permettra de rencontrer Irène, une charmante Franco-Vancouverite (issue de Sainte-Geneviève-Bois, pas loin de Juvisy, ça fait plus de 40 qu’elle a élu domicile à Vancouver), elle aussi “abandonnée” par son mari pour la réception. Elle me donnera quelques bonnes adresses et, après avoir appris que je cherchais un travail, me présentera à certaines de ses connaissances, dont la Présidente de l’Alliance Française. Une Française rencontrée à Educacentre me tiendra aussi compagnie un moment, présence amicale dans ce monde d’inconnus qui passent tous leurs 14 juillet ensemble et qu’il est difficile d’accoster sans raison autre que “bonjour, je cherche un boulot, vous avez quelque chose pour moi?”. Par contre, la fameuse réception de l’ambassadeur s’est avérée un peu décevante avec un buffet peu garni, un champagne qui semblait me fuir (mais j’ai fini par le rattraper) et des Ferrero Rochers que je cherche encore (il est vrai que le monsieur qui nous invitait n’était que consul, pas ambassadeur)… Il est vrai aussi que la plupart des gens, hormis les vieux, doivent avoir un boulot et, comme le 14 juillet n’est pas férié au Canada, ils ont dû prendre sur leur pause déjeuner pour venir. D’ailleurs, c’est assez déstabilisant de constater que la Terre ne s’arrête pas de tourner le 14 juillet hors de France, que tout est ouvert et qu’on vous convoque même en entretien d’embauche…

Vers 13h30/14h, les salons s’étant vidés en même temps que les derniers restes du buffet et des bouteilles d’alcool, nous décidons de lever le camp aussi. Je prends alors le bus  pour Stanley Park car j’ai prévu d’aller déposer mon CV en personne au bureau d’accueil de l’Aquarium. J’ai vu sur leur site qu’ils recrutaient, j’ai répondu en ligne mais sans suite et on m’a parlé de quelqu’un qui avait été recruté comme ça “en direct” après s’être présentée donc pourquoi pas moi? La superviseur du bureau d’accueil a l’air impressionnée par mon CV mais me répond qu’ils ont terminé le recrutement pour son secteur et qu’elle  va le transmettre à l’un de ses collègues qui s’occupe des photos ou du magasins de souvenirs. Même pas 5 minutes plus tard, alors que je me dirige vers l’arrêt de bus, mon téléphone sonne: “C’est Catherine? Où êtes-vous? Je vous attends à la porte X”. Illico, je fais demi-tour et rencontre un jeune homme, d’origine non-canadienne (pas réussi à identifier l’accent), à peine plus vieux (sans doute même plus jeune) que moi. Il attaque d’emblée: “J’ai vu votre CV, votre niveau d’éducation élevé, qu’est-ce que vous venez faire là?”. Je lui explique donc que je viens d’arriver, que je cherche un boulot peu qualifié pour commencer et que l’Aquarium est génial que j’aimerais y travailler (ce qui est vrai). Tout ce qu’il a à me proposer c’est un temps partiel payé 10$ de l’heure pour faire poser les touristes qui entrent à l’Aquarium devant l’appareil photo (sur un fond vert) et pour leur vendre ensuite les photomontages moches devant le bébé béluga ou les dauphins. Ca me ferait une première expérience dans la vente, avec un apprentissage de l’utilisation de la caisse enregistreuse et de la machine à carte bleue donc je dis ok pour un essai le lendemain matin (ben oui l’après-midi, j’espère bien avoir l’autre essai pour le porte à porte).

Ma journée est presque terminée, il me reste juste à passer dans les bureaux d’Adecco pour faire les tests requis pour poursuivre le processus d’inscription (globalement la même chose que dans l’agence précédente même si l’interface est différente: utilisation des principaux logiciels de Microsoft Office, vitesse de frappe…) avant de rentrer à la maison.

J’arrive à l’appartement vers 17h30 et n’ayant toujours pas reçu de coup de fil de la part du manager suite à l’entretien du matin, j’essaie d’appeler son bureau pour tenter de savoir ce qu’il en est mais ça ne répond pas… Je suis de moins en moins optimiste mais tout de même résolue à rappeler le lendemain matin pour savoir si c’est la peine que je me déplace jusqu’à New Westminster à nouveau ou pas, lorsque mon téléphone sonne… à 21h30… C’est le manager pour m’annoncer que je suis retenue pour ce qu’il appelle “le second entretien” qui est en fait une journée d’observation suivie d’un entretien à peine plus long que le premier.

Que d’émotions en ce 14 juillet!

2 commentaires

Nico31
20 août 2009 à 4:41

Toc Toc ! Y a quelqu’un ?


 
Laurent F
27 août 2009 à 3:28

y sont arrivés!!!!! manque plus qu’à visiter leur appart!!!;)


 

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