U2 – 360° Tour à Vancouver

Publié par David le 30 oct 2009 dans Vancouver |

Mercredi 28 octobre. Trois jours après la retransmission en direct sur Youtube de leur concert du Rose Bowl de Pasadena à Los Angeles, les irlandais de U2 débarquent à Vancouver pour ce qui sera leur dernier concert 2009 sur le sol américain. Cela se passe au GM Place, le grand stade couvert de Vancouver, qui accueillera les cérémonies d’ouverture et de clôture des JO d’hiver, ainsi que la toute nouvelle franchise MLS (Major League Soccer), les White Caps, en 2010.

Je ne les avais vu auparavant qu’une seule fois en concert, c’était en 1997 au Parc des Princes dans le cadre de leur tournée « PopMart ». Ils avaient déjà à l’époque marqué leurs shows du sceau de la démesure, avec une scène en forme d’arche haute de 40 mètres et un déploiement technique hors normes pour l’époque.

Les 70.000 places pour le concert de Vancouver sont parties en une matinée lors de leur mise en vente en avril dernier, mais grâce à la magie de Craiglist j’ai pu en dénicher deux en août dernier, pour leur valeur faciale soit 70$. Ayant réussi à le cacher à Katy et à tenir ma langue durant trois mois, ce fut une surprise réussie lorsque je suis passée la chercher à la sortie du travail pour l’emmener directement au stade.

Après une petite vingtaine de minutes de marche, Il est 17h00 lorsque nous arrivons sur place. Et là on croit rêver en prenant notre place dans la file d’attente : les canadiens sont décidément très civilisés lorsqu’il s’agit de faire la queue. Pas besoin d’agents de sécurité, ni de barrières. Non. Juste une longue file d’un mètre cinquante de large, et aucun signe d’impatience ou d’énervement, malgré la pluie et la demi-heure de retard pour l’ouverture des portes. Je n’ose même pas imaginer si une telle organisation était mise en place à Paris…

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18h00, nous sommes dans la place. Etrange stade, qui lorsque l’on se trouve au milieu de la « pelouse » semble bien loin de faire ses 60.000 places. Nous nous installons face à la scène, légèrement sur la droite. Enfin lorsque je dis « face » il faut que j’apporte quelques précisions. En effet le concept de cette tournée, le « 360 Tour », tient en une gigantesque scène circulaire permettant au public de se trouver littéralement tout autour. Un concept intéressant, mais qui reste tout de même un concept puisque 90% du temps les spectateurs se trouvant « derrière » (comprendre l’espace en temps normal fermé au public) verront le groupe de dos.
Surmontant cette scène, une immense structure en forme de vaisseau spatial, sorte d’araignée géante à 4 pattes renfermant un écran géant « mipix » circulaire et une sorte de fusée s’étirant jusqu’à presque toucher le toit du stade. Une vision irréelle et stupéfiante, qui laisse véritablement cloué sur place lorsqu’on la découvre. Et encore, nous sommes à 3h du show et ce n’est pour l’instant qu’un amas de tubes de métal, gris et ternes. Cela promet lorsque les lumières seront de la partie !

Scène

19h15, le stade est rempli aux deux tiers lorsque les Black Eyed Peas font leur entrée. Et oui, c’est ça aussi un concert de U2, avoir le droit en première partie à un groupe qui pourrait tenir l’affiche à lui seul. Bon, là je dois cependant avouer que je m’abstiendrai du moindre commentaire, n’étant absolument pas fan du genre. Ils assureront tout de même pendant 45 minutes une prestation pleine d’énergie, mettant une bonne partie du public dans leur poche. J’aurais quand même préféré Muse, l’autre groupe ayant assuré les premières parties sur cette tournée nord-américaine.

A peine le set des Black Eyed Peas terminé, une armée de backliners comme je n’en ai encore jamais vu investit la scène. Ils sont au moins une trentaine à s’affairer afin de mettre en place cette dernière en configuration U2. Le stade est à présent comble, près de 70.000 personnes sont là.

20h55. La sono est poussé à son niveau « concert » et un riff de guitare plus que familier s’élève, tandis que les machines à fumée se mettent en marche. « Space Oddity » de David Bowie, qui lance chaque concert du groupe sur cette tournée, nous prend aux tripes. Un joli clin d’œil pour fêter les 40 ans de la sortie de cet album (disponible depuis peu en édition spéciale remasterisée), qui même s’il n’atteint pas la perfection de ses successeurs (« Alladin Slane », « Honky Dory » et « Ziggy Stardust ») n’en reste pas moins un vrai putain d’album comme on n’en fait plus… Bon je disgresse, mais quel meilleur choix que Bowie pour lancer un concert sur le thème de l’espace, lorsque l’on sait à quel point il s’agit d’un thème récurrent chez ce dernier (« Space Oddity », « Life on Mars », « Starman », « Ziggy Stardust and the Spiders from Mars » -tiens, Spiders, encore une connection-).

Les lumières s’éteignent et Larry Mullen Jr fait son entrée, seul, sur un remix « Sixty Seconds In Kingdom Come », un instru rare du groupe, datant de 1985 et présent sur la face B de »The Unforgettable Fire ». Il s’installe et entame le solo d’intro de « Breathe », bientôt rejoint par le reste du groupe. Une ouverture que j’avais trouvé assez mollassonne sur le live de Youtube, mais qui passe beaucoup mieux et paraît bien plus pêchue lorsque l’on est sur place. C’est aussi cela l’avantage des concerts en live : les instruments sont véritablement mis en avant, et les boucles pro-tools sont noyées derrière les rifs de guitare, les lignes de basse et le martèlement frénétique des fûts et cymbales.

Suivront deux autres morceaux du dernier album : « Get on your boots » et « Magnificient », avant que le concert ne prenne vraiment son ampleur avec la sortie des bons vieux tubes. « Mysterious Ways » ouvre le bal, suivi de « Beautiful Day » et « I’m Still Haven’t Found What I’m Looking For ». Bono s’adresse ensuite à un invité très special present dans le stade, et qui fête son 54ème anniversaire : Bill Gates Himself, le principal mécène de “One” l’association parrainée par le chanteur afin de lutter contre le SIDA et la pauvreté dans le monde.

Adam et Larry s’éclipsent alors le temps d’aller se prendre une petite mousse, laissant Bono et The Edge seuls sur scène pour un « Stuck in a Moment You Can’t Get Out Of » acoustique tout en simplicité et en émotion.

Retour ensuite au dernier album, avec la chanson titre « No Line on the Horizon », suivi de « In a Little While » et « Elevation ». Le show est rôdé, les quatre compères s’amusent comme des petits fous et la complicité et l’amitié transpirent littéralement du groupe. On ne dure pas aussi longtemps par hasard…

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Après un « Unknown Caller » qui comme souvent avec U2 prend une toute autre dimension en live, l’écran géant se déploie jusqu’à presque toucher la scène central et nous sommes entraînés dans un tunnel de tubes : « Until the End of the World », « The Unforgettable Fire », « City of the Blinding Lights »(pendant lequel Bono invite une gamine d’une dizaine d’année à courir avec lui tout autour de la scène, et se permettant même de lui offrir ses lunettes au moment de regagner les gradins. Je ne sais pas si c’était prévu, mais en tout cas il n’aura pas fallu plus de 30 secondes à une assistante pour lui en apporter une nouvelle paire.) « Vertigo », « Sunday Bloody Sunday ». Viendra ensuite le moment le plus dispensable du concert avec un remix de « I’ll Go Crazy » façon Blue Man Group, avant la dernière ligne droite montant progressivement en puissance : « MLK », « Walk On » (dédicacé à l’opposante Birmane Aung San Suu Kyi, assignée à résidence par la junte militaire depuis 14 ans, malgré la victoire de son partie aux élections en 1990.), « One », « Where the Streets Have No Name ».

Les lumières s’éteignent quelques secondes, et le groupe ne s’en va pas bien loin avant de faire son retour pour une vague de rappels : « Ultraviolet », « With or Without You » et « Moment of Surrender ».

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Au final, 25 titres et 2h20 de concert assez irrégulier au niveau de son rythme. Si lors de leur précédente tournée (« Elevation Tour ») en 2001 la set-list pouvait varier énormément d’un concert à l’autre, elle était cette fois relativement figée, à deux ou trois exceptions près. Un show parfaitement préparé, rodé, mais presque trop propre, trop lissé… Visuellement par contre il n’y a rien à en redire, on en prend vraiment plein la vue, et au niveau du son nos oreilles en ont bourdonné de plaisir. Avec un Bono bien plus en voix qu’à Los Angeles trois jours plus tôt, même s’il semble avoir définitivement perdu sa voix de tête.

Aucun regret, assister à un concert de U2 est toujours un privilège, et le gigantisme et la démesure de cette scène valait à elle seule le déplacement.

Je vous laisse vous faire votre propre opinion en regardant le broadcast Youtube du concert du Rose Bowl de Pasadena, en tout point identique à celui auquel nous avons assisté…

Prochains rendez-vous concerts pour nous : les Dropkick Murphys, un groupe de Punk Celtique, puis Kiss au GM Place (certes d’un kitchissime absolu, mais avec des places à 3 dollars on ne pouvait pas manquer ça)…

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3 commentaires

Julie
5 nov 2009 à 8:08

Super compte rendu, on s’y croirait!
Merci de faire partager!!!


 
Laurent F
21 nov 2009 à 7:42

Nous aussi on va avoir Kiss au hellfest de clisson en 2010, mais comme c’est un festival, les place ne seront pas à 3 dollars européens


 
Zootopia
27 nov 2009 à 5:35

“Au final, 25 titres et 2h20 de concert assez irrégulier au niveau de son rythme. Si lors de leur précédente tournée (« Elevation Tour ») en 2001 la set-list pouvait varier énormément d’un concert à l’autre, elle était cette fois relativement figée, à deux ou trois exceptions près.”

Merci pour la revue!
Mais si je peux me permettre, c’est tout à fait l’inverse. Durant l’Elevation Tour, la setlist a été totalement identique dans toutes les dates européennes. Pas plus de deux chansons qui varient. Lorsque la tournée est partie aux USA, la setlist a changé du tout au tout par rapport à l’Europe (avec des ajouts de Pop… que nous n’aurons visiblement jamais) mais elle a été très stable aussi.
Pour le 360 Tour, elle a énormément varié en Europe, tous les soirs (aux 4 concerts que j’ai faits, j’ai déjà du avoir 10 chansons différentes dans le lot), et elle a encore changé d’aspect en arrivant en Amérique, ou elle a été plus stable après coup évidemment, mais où vous avez eu de sacrées variations et surprises! Je n’ai pas regardé la setlist de Van, mais Your Blue Room c’est quand même inespéré! ;)
Peut être rdv sur le nouveau leg!


 

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