Hier, en ce beau dimanche pluvieux, nous avons décidé de nous retrouver entre Français pour une après-midi “poker et crêpes”. Comme nous sommes partageurs et fiers de notre patrimoine culinaire national, nous avons tout de même accepté dans nos rangs 2 Belges et 2 Québécois (histoire de rester dans la francophonie). Alors que nous dégustons lesdites crêpes maison (z’avez essayé de faire des crêpes pour 15 personnes? Ben, ça prend beaucoup beaucoup plus de temps à faire qu’à manger), l’un des Québécois m’interpelle: “C’est quoi la différence entre les crêpes française et les nôtres en fait?”. Euh, je sais pas, le savoir-faire? pensé-je en mon for intérieur.
- Euh, je sais pas… On prend des œufs, du lait, du beurre et voilà, réponds-je à voix haute.
- Ah? Vous mettez pas de poudre à pâte?
Je lui adresse un regard qui, j’imagine, ressemble à celui d’une vache regardant passer un train (ie. vide: mais de quoi il me parle là?) teinté d’un soupçon d’air outragé et réponds:
- De la… poudre à pâte? Bah non, des oeufs, du lait, du beurre et c’est tout.
- Ah ben ça doit être pour ça qu’elles sont toutes légères et fines.
Ouais, sans doute… Sont fous ces Québécois, mais qu’est-ce qu’il vont mettre de la poudre dans la pâte à crêpes???
Ne voulant pas avoir l’air stupide, je ne lui ai pas demandé ce qu’était exactement cette “poudre à pâte” mais imaginais déjà une sorte de mixture à la Francine style “farine à crêpes, rajoutez juste du lait, prêt en 2 minutes”… Pour en avoir le cœur net, je me suis tournée vers mon ami Google qui, comme chacun le sait, a réponse à toutes les questions, y compris (et surtout) les plus stupides. Une rapide recherche m’apprendra qu’en fait la fameuse “poudre à pâte” n’est autre que ce que nous appelons levure ou “poudre à lever” en France. Illico, je quitte mon ordinateur pour aller vérifier ce qu’il y a écrit sur notre pot de “baking powder” dans le placard et, effectivement, la traduction est bien là: “poudre à pâte” (logique quand on y pense, une traduction littérale à la québécoise de plus).
Nous n’avons donc pas élucidé le pourquoi de la supériorité de la crêpe française sur ses contrefaçons nord-américaines (même si on soupçonne le beurre de jouer un rôle important) mais seulement constaté une nouvelle fois que nous ne parlons pas la même langue avec nos amis québécois qui appellent les pancakes des crêpes (raaah ce besoin de tout traduire)!
Et pour couronner le tout, c’est un Belge qui a gagné la partie de poker… La prochaine fois, on restera entre Français de bonne compagnie moi j’vous l’dit…

Publié par David le 10 mai 2009 dans
Cuisine,
Etats-Unis,
Road-Trip
Nous avons oublié de vous en parler dans les articles concernant l’Oklahoma et le Texas et pourtant, cela mérite amplement d’avoir sa place sur ce blog… Comme son nom l’indique, il s’agit de crème glacée frite. La première fois qu’on a vu ça, dans un mauvais resto mexicain en Oklahoma, on a cru à une blague. Et pourtant, nos hôtes de Bangor, Maine, nous avaient prévenus: “Dans le sud, ils font tout frire”. Tout, en effet…
Nous avons vu à nouveau ce dessert sur la carte du resto tex-mex d’Amarillo, Texas et, plus en confiance au niveau de la qualité de la cuisine et de l’hygiène, nous avons décidé de tester la chose (après avoir demandé quelques explications à nos hôtes du soir, Rachael et John-Paul). Apparemment, il s’agit d’une spécialité tex-mex de l’Oklahoma et du Texas (on n’en a pas vu ailleurs mais on n’est pas allés partout) et c’est vraiment de la glace, passée dans de l’oeuf et des cornflakes ou des cookies (mélangés en une sorte de chapelure), plongée quelques secondes dans l’huile de friture. Le résultat? Hum… le plus approprié est de reprendre l’expression de Rachael : “Interesting”. Ni bon, ni mauvais, ça mérite d’être goûté une fois, pour sa culture générale, mais pas plus.
Voici à quoi ressemble la chose:

Mots-clefs :fried ice-cream
Publié par Katy le 1 mai 2009 dans
Cuisine,
Etats-Unis,
Louisiane,
Road-Trip
Impatients de voir des alligators et les marais des bayous de Louisiane, nous remettons à plus tard notre visite du French Quarter pour nous diriger vers le Parc
National Jean Lafitte dans la Barataria Preserve, immense zone de bayous protégée, pour une longue marche, en temps plus qu’en distance car nous nous arrêtons au moindre bruit pour scruter les fourrés et les flaques à la recherche d’animaux exotiques tels que lézards, serpents, oiseaux, tortues (que nous ne trouverons pas) et, bien sûr, alligators. Il fait chaud et humide, on a l’impression d’être dans la forêt tropicale, les singes en moins… Nous repartons avec une petite collection de photos “trophées” de nos rencontres (voir album photos de la Louisiane), notamment avec un magnifique héron, à quelques mètres de nous, et des petits alligators. Pour nous remettre de nos émotions, nous savourerons nos premières “boiled crawfish” (écrevisses au court bouillon), et crevettes, servies telles quelles sans chichis, directement hors de la casserole et à même le papier journal étalé sur la table du boui-boui où nous nous sommes arrêtés… Pas d’assiettes, pas de couverts, ça fait moins de vaisselle à faire. Manquaient juste un peu de beurre salé et de baguette…
Nous revenons ensuite en ville pour une promenade urbaine dans le French Quarter sur la digue au bord du Mississipi, seul endroit d’où l’on peut voir le fleuve, sinon il est toujours caché au regard des passants. Dans cette partie de la Nouvelle-Orléans, on ne voit plus vraiment de traces de Katrina, seuls les vents avaient abîmé les maisons mais elles n’avaient pas eu à souffrir du débordement du lac Ponchartrain, de l’autre côté de la ville.

Fourbus, nous rentrerons tôt à l’appartement, non sans avoir toutefois fait à nouveau honneur à la cuisine créole et cajun dans un autre très bon restaurant, le Gombo Shop, avec, pour conclure le repas, une excellente tarte aux pécans traditionnelle… Dommage qu’ils ne les exportent pas vers la France, ça vaut vraiment le coup!
Le lendemain, nous nous mettons en route en fin de matinée pour aller nous promener dans le French Quarter. Nous le rejoindrons en “street car” (tramway d’époque) qui permet de voir la succession des quartiers le long de l’avenue Saint-Charles sans se fatiguer ni polluer. Le quartier de l’université, le Garden District et le Business District défilent sous nos yeux et le tram nous laisse aux portes du French Quarter pour que nous poursuivions l’exploration à pied. Nous avons mis plus d’une heure (parce qu’on ne l’avait pas pris dans le bon sens, sinon c’est 45 minutes…) pour parcourir les 5 miles qui séparaient l’appartement du centre ville, au gré des arrêts du tram (rempli de touristes) tous les 100 mètres, mais ici on est dans le sud et il faut savoir prendre le temps de vivre, on est loin de la frénésie New-Yorkaise!
Toujours dans la thématique “la Louisiane et la bouffe” (cela restera sans conteste notre étape gastronomique du trip, comme prévu), nous décidons de tester pour le déjeuner une spécialité locale, inventée par un Italo-Américain de la Nouvelle-Orléans: la muffuletta, sandwich à base de charcuterie italienne et de fromage qui doit sa saveur si particulière à la sauce, ou plutôt à l’huile (d’olive évidemment) assaisonnée de légumes marinés dans du vinaigre (choux-fleurs, carottes, poivrons) et de câpres. C’est très bon et ça se mange tout seul, d’autant plus que l’huile qui imbibe petit à petit le pain et les doigts fait glisser le tout comme une lettre à la poste…
Mais revenons à notre French Quarter aux deux visages. En effet, une partie résidentielle subsiste, très agréable pour se promener, où l’on voyage dans le passé (sauf qu’à l’époque les balcons n’étaient pas envahis de pots de fleurs comme aujourd’hui) et, à quelques mètres de là, une partie au mieux touristique et artificielle (galeries d’art, magasins de souvenirs, bars qui se battent à coup de cocktails pas chers…), au pire carrément glauque (Bourbon Street avec ses clubs de strip-tease cheap et ses bars sombres). C’est comme on nous avait dit: Bourbon Street, c’est moche et ça pue mais on ne peut pas passer à la Nouvelle-Orléans sans y aller. Ben, on y est allés, une fois, on a vu et on n’y est pas retournés…
A côté de ça bien sûr, il y a la musique, qui fait battre le coeur de la ville, berceau du jazz. Honte sur nous, nous sommes allés à la Nouvelle-Orléans et n’avons assisté à aucun concert, pire, nous sommes partis le jour de l’ouverture du renommé Festival de Jazz. Peut-être un effet de la chaleur et de la moiteur mais nous étions très fatigués et, comme les concerts commencent souvent assez tard (vers 23h), nous n’avons pas eu la force d’attendre. Y être à la veille du Jazz Fest nous a tout de même permis d’assister à quelques prestations dans les rues de petits groupes cherchant à se faire connaître ou à récolter un peu d’argent.
Au final, pas l’impression d’avoir vu la “vraie vie” de la ville, l’inquiétude (en tant que touristes) de ne pas sortir du “périmètre sécurisé” et l’obligation de se cantonner à certaines zones à certaines heures de la journée et le sentiment d’être parqués dans le French Quarter avec tous les touristes américains venus se dévergonder dans cette ville de débauche ont fait que nous n’avons pas trop accroché avec la ville (on s’y attendait un peu)… Au moins nos hôtes étaient-ils très sympas (et heureux de vivre à la Nouvelle-Orléans) mais, très occupés par ailleurs, ils n’ont pas eu l’occasion de nous montrer un autre visage de leur ville d’adoption.
Au revoir la Nouvelle-Orléans, Lafayette, nous voilà!
Mots-clefs :bourbon street, French Quarter, gombo shop, Louisiane, muffaletta, muffuletta, nouvelle-orlans
Notre premier arrêt en Louisiane se fera à la Plantation Laura qui a la réputation d’avoir l’une des visites guidées les plus intéressantes de la région. Les guides ne se bornent pas à vous énumérer les pièces de mobilier décorant la maison, ils vous racontent la petite histoire de la famille (d’après les “Mémoires” de l’une de ses membres), le contexte et ne font pas l’impasse sur le traitement des travailleurs noirs. Ils ne se déguisent pas non plus en Scarlett O’Hara pour le folklore… et pour cause car il s’agit d’une plantation créole (ou plutôt, de ce qu’il reste de la plantation, louée à un groupe industriel qui exploite le terrain mais consent à ce que quelques hectares restent en souvenir des glorieuses années passées). Les créoles sont des planteurs d’origine française, ou francophone en tout cas, et ont apparemment peu de choses à voir avec l’univers d’”Autant en emporte le vent”. Au fil des histoires racontées par notre guide cajun francophone, c’est tout un monde qui prend forme sous nos yeux avec ses codes et ses traditions, certaines héritées du pays d’origine, d’autres forgées de toutes pièces (notamment en ce qui concerne l’autonomie des femmes) pour s’adapter aux exigences de ce Nouveau Monde bien loin de la France… Nous apprendrons ainsi que les maisons en bois en kit ne sont pas une invention récente…

Même si cela n’apparaît plus aujourd’hui, deux mondes cohabitaient avant la guerre de Sécession, l’un francophone (créoles et acadiens), l’autre anglophone (anglo-américains) les premiers méprisants les grossiers seconds, classique opposition entre artistocratie et bourgeoisie…Cette dichotomie a façonné la ville de la Nouvelle-Orléans: les créoles peuplant les maisons d’inspiration espagnole aux balcons en fer forgé du “French Quarter” tandis que les anglophones s’installaient dans le “Garden District” pour y construire d’immenses maisons blanches à colonnades (celles qu’on voit dans les films, dans le style “Greek revival” comme on dit). Les familles de planteurs (de canne à sucre dans la région) avaient en général plusieurs maisons dont une à la Nouvelle-Orléans pour y passer l’hiver, qui se terminait en beauté par le célèbre carnaval de Mardi Gras, et une dans la plantation pour le reste de l’année, du printemps à la fin de l’automne, le temps de voir la canne à sucre pousser et de la récolter. Cette visite a sans doute façonné tout notre séjour en Louisiane en éveillant notre curiosité pour le monde francophone de la région, tout comme les Québécois, nos autres “cousins d’Amérique” avaient su le faire…

Nous arrivons à la Nouvelle-Orléans assez fatigués par une longue journée de route sous un soleil de plomb et ne nous attarderons pas très longtemps, ratant ainsi l’occasion d’assister à un concert d’un des meilleurs “brass band” (groupe de jazz à base de cuivres, en gros) de la ville, paraît-il, dans un bar proche de l’appartement de nos hôtes. Sur leurs conseils, nous prendrons toutefois le temps d’aller déguster un repas gastronomique dans un excellent restaurant de cuisine créole, au menu: cheesecake d’alligator (une saucisse mélangeant viande de porc, d’alligator et épices), bouillabaisse créole et mérou au chorizo, accompagnés de biscuits (sortes de petits pains de maïs tièdes) et de purée de pommes de terre ou de patate douce, le tout savoureux et copieux. Ce n’est pas qu’on veuille vous faire saliver mais le simple fait de décrire tout ça nous remémore de bons souvenirs, alors pourquoi se priver?
à suivre…
Mots-clefs :creole, Cuisine, French Quarter, Laura plantation, nouvelle-orlans, visite
Publié par Katy le 29 avr 2009 dans
Cuisine,
Etats-Unis,
Road-Trip,
Tennessee
Petite étape de 4 heures de conduite aujourd’hui pour rallier Memphis dans l’après-midi et ainsi avoir le temps (et l’énergie) de sortir profiter de la soirée sur Beale Street, LA rue animée de la ville. Un gros orage nous accompagnera pour la dernière heure de route et la pluie persistera un long moment mais cela n’entamera pas notre motivation.
Après avoir déchargé nos sacs chez notre hôte, nous le laissons à ses devoirs de maths (il est étudiant) et cherchons un endroit pour nous restaurer où nous pourrons initier nos papilles à la cuisine du sud (ou plutôt du mid-south): travers de porc sauce barbecue et “catfish” frit (une des espèces de la famille des poissons chats; frit parce que les “sudistes” ont la mauvaise habitude de tout passer à la friture) .
Nous traversons ensuite la rue, barrée à chaque extrémité et dont l’accès est contrôlé par des policiers qui vérifient que vous avez bien l’âge légal pour entrer dans un endroit où l’on consomme de l’alcool (21 ans, si vous avez 18 ans, vous avez le droit d’entrer quand même mais vous devez vous en tenir aux sodas ou jus de fruits, les barmen font un autre contrôle au moment de servir), pour entrer dans un mythique club de blues, le B.B. King’s (comme son propriétaire, ils ne se sont pas foulés).

A l’intérieur, un grand nombre de touristes (et motards) américains en goguette, quelques étrangers, peut-être aussi quelques Memphians, qui viennent danser au son de l’orchestre : d’abord des reprises du maître des lieux, puis des reprises plus rock par un gamin de 15 ans qui s’est emparé d’une guitare pour jouer avec le groupe et, enfin, des grands classiques de la soul chantés par une diva locale qui saura enflammer la salle. Beale Street (la partie touristique) se compose de 2 ou 3 blocks où sont alignés restaurants, bars et boutiques de souvenirs (et parfois les 3 en même temps) qui s’affrontent à coup de musique live, mais si vous vous en éloignez d’à peine vingt pas, il n’y a plus rien… impressionnant!
Nous partons après la prestations de la chanteuse au B. B. King’s pour rentrer nous coucher car, demain, c’est dimanche, le jour du Seigneur, et nous avons prévu d’aller à la messe… Oui, vous avez bien lu, mais pas n’importe quelle messe car nous sacrifions à la curiosité touristique en allant assister avec notre hôte (Memphian pure souche mais curieux aussi à défaut d’être pratiquant) à un office gospel mené par le Révérend Al Green, aussi chanteur à ses heures perdues, souvenez-vous du tube des 70s “Let’s stay together” qui figure aussi sur la B.O. de Pulp Fiction.

En fait de messe, c’est plutôt à un concert que nous assistons, avec des femmes en transe qui ont vraiment l’air de communier avec Dieu… On danse, on frappe dans ses mains et on ponctue les paroles du pasteur de “oh yes” ou de “amen” vibrants… Comme il parle en chantant et avec un accent du sud, on n’a pas tout compris et on s’est éclipsés au bout d’une heure et demie lorsqu’Al Green a commencé à bénir tous ceux qui le souhaitaient. L’église n’était pas pleine et comptait un certain nombre de touristes (blancs et noirs) mais on nous a dit que ça peut durer plusieurs heures…
Nous comptions ensuite nous rendre à Graceland mais il est interdit ne serait-ce que de pénétrer dans les jardins sans avoir payé son ticket d’entrée et le prix (28$ par personne pour la visite de base, mais ça peut aller jusqu’à 69$ pour la totale), qui doit faire le bonheur des ayants droit, nous semble plutôt injustifié pour visiter un temple du kitsch dont on peut voir les photos sur internet, à moins d’être des fanatiques d’Elvis, ce que nous ne sommes pas…
A la place, nous irons au Rock & Soul Museum pour en apprendre plus sur les origines du blues, du jazz, du rock et de toutes les musiques apparentées car oui, “toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du blues”… Un musée très intéressant, avec plein de choses à lire pour se cultiver et un audioguide qui vous permet d’entendre les musiques évoquées sur les panneaux, des chants des champs de coton aux sus-cités Elvis et Al Green…
Malheureusement, nous sortirons un peu trop tard pour pouvoir profiter du “Festival de l’écrevisse” qui se tenait à Memphis ce jour-là (pourquoi personne ne nous a prévenus?!). Les “Crawfish festivals” sont une tradition dans toutes les villes du sud bordées par le Mississipi ou n’importe quel cours d’eau dans lesquels on peut pêcher des écrevisses: au début de la saison, on célèbre ce crustacé par une fête où l’on peut trouver d’innombrables stands où l’on vous vend, pour trois fois rien, des livres et des livres de ces bestioles simplement cuites au court-bouillon… à déguster sur place sur un banc public ou à emporter chez soi et tout bonnement délicieux! Mais nous devrons encore attendre pour goûter à nos premières écrevisses.
Une dernière visite nous attend à Memphis, nous la ferons le lundi matin avant de partir : le Lorraine Motel, célèbre pour avoir été le théâtre de l’assassinat de Matin Luther King Jr, et dans lequel a été aménagé un musée retraçant l’histoire de la lutte pour les droits civiques des noirs américains. Edifiant, complet et très intéressant… Ca permet aussi de remettre l’élection de Barack Obama dans le contexte et de se rendre compte qu’il doit sans doute beaucoup à son aîné (sur le plan historique bien sûr mais aussi du style car tous deux sont d’excellents orateurs).

Voilà, l’heure est venue de quitter Memphis, Tennessee, dont nous n’avons vu que le côté touristique et qui ne nous laissera donc pas un souvenir impérissable, et de filer vers le sud, le long du Mississipi, là où le blues a ses racines…
Publié par Katy le 28 avr 2009 dans
Cuisine,
Etats-Unis,
Missouri,
Road-Trip
Après une bonne nuit de sommeil réparatrice, nous avons la joie de nous réveiller avec un beau soleil et une température des plus clémentes. Ca fait du bien après Chicago et nous avons l’impression de revivre. Finis les pulls et manteaux d’hiver, il est temps de ressortir t-shirts et sandalettes!
Nous avons été merveilleusement accueillis par Amy, notre hôte pour 2 nuits, et nous décidons de suivre ses conseils pour visiter St. Louis car, à part la fameuse arche symbole de la ville, nous n’avons aucune idée de ce qu’il peut y avoir à visiter, et en plus nous n’avons aucun guide pour nous mettre sur la piste. Nous commençons par aller nous promener dans le Central West End, quartier chic aux belles maisons rassemblées dans des lotissements privés protégés par une grille (nous sommes en Amérique…), au milieu de lotissements plus ordinaires. C’est un quartier assez bo-bo (mais plus bourgeois que bohème quand même) où des jardins arborent encore fièrement des pancartes “Obama-Biden 2008″. Nous continuons ensuite la balade par le campus de l’Université de St. Louis et on se dit que les étudiants d’ici doivent être bien heureux… Un vrai campus à l’américaine, en pleine ville, verdoyant, avec des pelouses, des petites allées et des fontaines…
Retour ensuite au métro pour aller downtown, admirer l’arche et flâner au bord du Mississipi. Nous dirigeons tout d’abord nos pas vers l’office du tourisme pour y récupérer un plan de la ville et sommes accueillis par une charmante dame apparemment heureuse de voir des touristes (non américains qui plus est) et qui papotera gentiment avec nous cinq minutes.

Elle nous vantera les mérites des musées de la ville (tous gratuits car publics il faut le signaler) et du Forest Park, plus grand que Central Park à New-York (on l’a entendu et lu plusieurs fois, à croire que c’est son nom officiel “Forest Park, larger than Central Park”). Il fait tellement beau que nous n’avons pas envie de nous enfermer dans des musées donc nous faisons juste un passage dans celui aménagé dans l’ancien tribunal, haut lieu de la lutte contre l’esclavage sur le terrain judiciaire, et dans celui qui se trouve sous l’arche. Nous apprenons ainsi que l’arche de St. Louis commémore les grandes épopées des pionniers qui sont partis explorer le continent nord-américain et ont contribué à l’expansion à l’ouest des Etats-Unis. A la confluence de deux fleuves venus du nord-ouest (le Missouri et le Mississipi), la ville était en effet à cette époque le point de départ de la conquête de l’ouest. Un beau musée très américain avec des cowboys, des indiens (massacrés? ah bon? noooon) et des héros… L’arche est impressionnante et s’intègre bien dans le paysage. On peut même monter à son sommet avec une sorte de funiculaire mais nous ne l’avons pas fait.

Après s’être cultivés, il est temps de se remplir l’estomac et nous quittons le centre ville pour aller dans le quartier du Loop (quelques blocks d’une rue en fait), qu’Amy nous a décrit comme très sympa, plus bohème que bourgeois, et idéal pour se restaurer. En effet, la rue est une succession de petits magasins, de friperies et de cafés/restaurants et nous tomberons sur une petite perle éthiopienne, cachée à deux pas de la rue principale. Au menu, des plats typiquement de là-bas, à base de viande (mouton et boeuf en l’occurrence) et de sauces épicées, servis sur une grande galette (injera) dont on découpe des petits bouts pour saisir les morceaux de viande (on mange avec les doigts, pas de couteau, fourchette ou cuillère qui tienne) et, pour couronner le tout, un vrai café éthiopien, l’un des meilleurs cafés que nous ayons bu (et sans aucune comparaison avec ce qu’on sert en Amérique du Nord ou nos cafés Richard de bistrots parisiens).
Pour faire passer ce déjeuner copieux et profiter du beau temps, nous décidons d’aller nous promener dans ce fameux parc. Il est peut-être plus grand que Central Park (s’ils le disent, on va les croire), mais nous l’avons surtout trouvé plus agréable. Comme il n’est pas entouré de grands buildings et qu’il est parsemé de canaux et lacs (avec des fontaines parfois), on a moins l’impression d’être au milieu de la ville même si, là aussi, quelques routes traversent le parc, notamment pour desservir le zoo où, nous devons le reconnaître, nous avons passé un bon moment et avons découvert les chiens de prairie, sortes de rongeurs amusants, et vu une marmotte en liberté.

Après cette journée bien remplie, retour à la maison (où nous avons le sous-sol pour nous seuls, avec bar et baignoire type jacuzzi) pour se reposer un peu avant de ressortir pour dîner. Toujours sur les conseils d’Amy, nous allons sur Grand Street, quartier animé le soir et où il y a une foultitude de restaurants. Toujours à l’affût de sensations nouvelles, nous nous laissons tenter par un restaurant Afghan et ne serons pas déçus. Beaucoup de points communs avec la cuisine du nord de l’Inde mais plus fin que ce que nous avions pu manger là-bas et avec des petites variantes.
Dommage que St. Louis soit si isolée des circuits touristiques (et en même temps, tant mieux), européens en tout cas, car les touristes américains avaient l’air assez nombreux, car c’est une jolie ville avec un passé historique intéressant et, apparemment, une scène musicale jazz de bon niveau, qui mérite qu’on y passe un ou deux jours… Il faut juste faire attention aux quartiers où l’on se promène car certains sont assez dangereux mais aucun risque dans les quartiers touristiques ni dans celui d’Amy qui nous a rassurés dès le début : “le quartier compte le plus grand nombre de policiers par citoyen et le pus grand nombre d’homme armés”.
Nous en tout cas, on y a passé un bon moment.

… qu’est-ce qu’on fait?
Ben, vu que c’est toujours la période de transition entre l’hiver et le printemps, rebelote, je vous le donne en mille: on manifeste!
Pacifiquement et dans une ambiance bon enfant cette fois car il s’agissait de la parade annuelle de la Saint-Patrick (pour la 185ème année consécutive), célébrant tout ce que Montréal compte d’Irlandais, des pompiers aux clubs sportifs en passant par les écoles de danse celtique et les “pipe bands”, par une foultitude de gens qu’on ne sait pas ce qu’ils viennent faire là et par quelques sponsors divers et variés qui ont mis à disposition des “défilants” leurs plus beaux camions.

The day Montreal turned green
Au final, pas beaucoup de chars (au sens où nous l’entendons nous Français) décorés et pas beaucoup de musique, c’était pas mal plate (=ennuyeux).
Du coup nous sommes partis avant la fin pour aller déjeuner d’un bon gros hamburger… mais attention, pas ceux qu’on trouve chez McDo, non, un vrai burger avec 2 étages de steak haché, de la vraie salade, des tomates fraîches, des champignons de Paris, de la mayo et de la moutarde, du bacon, de la mozarella, des relish (rondelles de gros cornichons) et des oignons, le tout entre deux tranches de bon pain à burger au pavot. Un peu compliqué à manger je vous l’accorde mais tràs bon. On a été petits joueurs, on a juste pris une assiette de frites (maison) pour deux avec alors que tous nos voisins québécois accompagnaient leur burger de la traditionnelle poutine (et pas une demie portion)… Allez, donnez-nous encore 2 semaines et on fait pareil!
Pour brûler les calories, nous sommes retournés nous balader sur le Mont-Royal où la neige a bien fondu en une semaine. Incroyable, des carrés de pelouse (certes plus jaunâtre que verte) apparaissent là où il y avait une bonne couche de glace il y a encore quelques jours! Balade très agréable où nous crapahuterons sur des petits chemins couverts de neige et de glace (enfin on suppose qu’en dessous il y avait un chemin), nous dépêchant de rentrer avant que la nuit ne tombe, et ponctuée par une rencontre surprenante avec… un raton laveur venu chercher sa pitance sur le campus de l’université.

Les photos de la journée seront mises en ligne dans quelques heures dans l’album “Montréal”… Nous vous remercions de votre compréhension!
Publié par David le 11 mar 2009 dans
Canada,
Cuisine,
Montréal,
Québec
Il est 14h, heure locale, lorsque notre A310 se pose tout en douceur sur la piste, après un chouette demi-tour au dessus du St Laurent encore complètement gelé.
Il nous faudra ensuite prendre notre mal en patience, d’abord pour s’extraire de l’avion (forcément, lorsqu’on est tout au fond et que l’on transporte 6 sacs et sacoches avec nous, ça aide pas des masses à sortir vite), puis à la douane afin de valider notre entrée en terre canadienne, et enfin pour récupérer nos bagages. Une bonne heure au total. Le passage à l’immigration fut une simple formalité, on ne nous demandera pas pourquoi nous avons seulement un aller simple mais juste “Dans quel but venez-vous?” (nous répondons “Tourisme” à l’unisson), “Avez-vous de la nourriture?” (”Euh… non… si, des gâteaux secs et des Kinder”, on préfère dire la vérité même si on se doute que la dame se contrefiche de nos madeleines) et “C’est votre premier voyage au Canada?”.
Nous prenons ensuite le taxi (un monospace Grand Caravan, il fallait bien ça pour tout caser) jusqu’à l’appart, un court trajet de 15 minutes qui nous donnera un premier aperçu des rues de Montréal, des règles de circulation et du type de véhicules (spacieux) les plus populaires ici.
Croisement Rue Clark / Prince Arthur. Nous sonnons à la porte de l’appart. Dave, le coloc’ de Yannick (qui nous sous-loue sa chambre pendant 3 semaines) vient nous ouvrir et… surprise ! Nous l’avons déjà rencontré à plusieurs reprises lors de soirées PVTistes, à Paris. Comme le (nouveau) monde est petit !
Juste le temps de jeter nos affaires dans la chambre et d’avaler un jus de fruit en découvrant l’appartement, et nous ressortons illico pour nous remplir la panse. On s’est quand même levé à 6h30, et il est alors 21h, heure de France. Le repas servi dans l’avion, n’était qu’anecdotique (et pas bon), on est affamés. Et comme en moins de 15mn nos deux coloc’ (Dave donc, et Sonia, une française ici depuis 10 mois, prof de français) nous ont chacun dit la même chose : “si vous voulez manger une poutine, la meilleure c’est à “La Banquise” (resto que nous connaissions déjà de nom, recommandé par les PVTistes parisiens ayant transité par ici), le menu est tout trouvé : ce sera poutine.
Alors la poutine, qu’est-ce que c’est, me demanderez-vous ?
Il s’agit d’un plat québécois constitué de frites et de billes de fromage type cheddar-mozzarella, recouverts de sauce brune, et “customisé” à notre goût de divers suppléments.
Sur l’image de gauche, vous pouvez ainsi découvrir au premier plan une “T-Rex large” : Steak Haché, Pepperoni, Bacon et Saucisse fumée, tandis qu’au fond se dessine une “Dan-Dan regular” : Bacon, Pepperoni et oignons.
Ce n’est pas vraiment “bon”, mais loin d’être dégueu non plus. Ce plat remplit juste sa fonction première, à savoir remplir l’estomac de choses hautement grasses et caloriques jusqu’à satiété , ce qu’il fait pour le coup vraiment bien !
De retour à l’appart, on ne traînera pas pour s’écrouler sur le lit.
Pour nos organismes il est 1h du matin, et malgré la lumière et le bruit dans la rue, nous ne tarderons pas à sombrer.